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L'aspect infirmier La zoothérapie comme outil thérapeutique
Certaines
maladies hématologiques et oncologiques chez l'enfant nécessitent des
hospitalisations fréquentes. En plus d'être hospitalisés pour leurs
traitements, ils le sont aussi pour les effets secondaires de ceux-ci.
Le caractère répétitif de ces hospitalisations, avec tout ce que cela
comporte de stress et d'anxiété met l'enfant en retrait de la
"vraie vie". Et c'est là que la zoothérapie intervient.
La
présence d'un animal lors d'une hospitalisation détourne l'attention
du "cure" pour la centrer sur le "care", le prendre
soin de l'être tout entier ainsi que de ses proches. L'animal permet un
partage entre les membres de la famille, et ce partage se fait autour de
la relation avec l'animal plutôt que d'être centré sur les malaises
ou symptômes que peut ressentir l'enfant. Ces derniers n'en
disparaissent pas toujours pour autant mais prennent une place beaucoup
moins grande.
De
plus, des interventions douloureuses ou difficiles, telles
l'installation d'une aiguille pour le traitement ou la prise de médicaments
pas toujours bons au goût, se trouvent facilitées en présence de
l'animal en détournant l'attention de l'enfant, mais aussi en le
motivant à collaborer pour avoir plus de temps avec lui. Et ce qui est
merveilleux, c'est qu'un enfant qui est capable de contrôler sa peur ou
ses difficultés à ce moment là demeurera plus réceptif par la suite.
Il sait dorénavant qu'il peut "bien faire ça", se contrôler.
Il y gagne en confiance et en estime de soi.
Combien
de parents nous ont dit voir à nouveau briller le regard de leur
enfant, le voir redevenir actif alors qu'il était passif. Et bien sûr,
quoi de plus doux et chaud qu'un vrai toutou près de soi pour faire une
petite sieste en toute confiance; et de plus fascinant et magique pour
l'enfant hospitalisé que la présence de cet animal dans ce lieu unique
et plus familier à l'enfant qu'est la chambre de zoothérapie.
Quand
un parent nous dit que son enfant avait hâte de venir à l'hôpital
pour son traitement parce qu'il aurait un chien avec lui, nous pouvons
nous dire que plus jamais l'hospitalisation n'aura la même
signification pour l'enfant, et que notre but est atteint. |
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Les
effets de la zoothérapie
On peut observer des changements selon les quatre dimensions de la relation enfant-chien: 1) l’aspect bio-psycho: stress, anxiété, douleur, alimentation, repos, nausées, vomissements, exercice physique, sécurité ,etc. 2) l’aspect intrapersonnel: sens des responsabilités, sentiment d’utilité, lien d’amitié, estime de soi, confiance en soi, fierté, motivation, etc. 3) l’aspect interactionnel: communication, partage de soi, verbalisation, socialisation, soutien et réconfort, ennui et isolement, agressivité envers les autres. 4) l’aspect comportemental: participation aux activités, acceptation, autonomie, fidélité aux traitements, etc.
La présence des animaux au chevet du malade soulage l’anxiété et la solitude de ce dernier. Le simple fait de voir et de parler à l’animal l’encourage, l’aide à surmonter la dépression, à mieux accepter l’hospitalisation et le rend plus réceptif aux traitements parfois très douloureux (Ruckert 1994).
De plus, la zoothérapie fournit aux patients une source inconditionnelle d’affection et d‘attention ainsi qu’un sentiment « d’être essentiel à quelqu’un » (Ruckert 1994 et Saylor 1998).
Elle encourage l’expression des émotions tant positives que négatives comme la peur, la joie, la fierté, la douleur et l’inconfort (Ruckert 1994, et Saylor 1998).
De plus, enseigner aux enfants à brosser un chien ou à lui faire prendre une marche dans le corridor de l’hôpital peut non seulement développer des habiletés de coordination et leur faire faire de l’exercice physique, mais peut aussi augmenter leur motivation et leurs intéractions sociales (Ruckert 1994, Perelle et Granville 1998, Nebbe 1998, Jorgenson 1997 et Fick 1993).
La résolution de problèmes, la communication, la prise de décision et le partage de soi aux autres sont d’autres bénéfices importants (Ruckert 1994, Buffon 1996).
Les écrits ont également démontré que les patients et leur famille sont généralement très satisfaits du programme de zoothérapie (Cole et Gawlinski 1995).
Offrir à un enfant malade un souvenir positif et une expérience d’apprentissage unique peut faire toute une différence dans sa vie.
![]() BIBLIOGRAPHIE: COLE, K.M.. Et GAWLINSK A., Animal assisted therapy in the intensive care unit, Nursing clinics of North america, 1995, Vol. 30, no. 3, p. 529-537. FICK, K., The influence of an animal on social interactions of nursing home residents in a group setting, The American Journal of Occupationnal Therapy, 1993, vol. 47, no 6, p. 529-534. HAWLEY, K., Paws for comfort, Nursing, 1998, February, p. 57. JORGENSON, J. Therapeutic use of companion animals in health care, Journal of Nursing Scolarship, 1997, vol, 2, no.3, p. 249-254. MARTIN, S. What criteria sould be used for pet therapy in critical care ? Crit Care Nurse, 1993, april 74. MEYER, R., Barking up the right tree, Hospital and health networks, 1997, September, p. 38-39. PERELLE, I., GRANVILLE, D., Assesssment of effectiveness of a pet facilitated therapy program in a nursing home setting, Mercy College, 1998. RUCKERT, J., L’animal thérapeute, Édition du Roseau, 1994, p. 231-235. SAYLOR, K., Pet visitation program, Journal of gerontological nursing, 1998, June, p. 36-38. |